Mise à jour du 30 Aout 2003.

La maladie

Les lésions, Les Nouveaux traitements

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Lésions - Symptomes - Evolution -Diagnostic - Traitements - Conseils - Médicaments - Nouveaux Traitements - Articles du Monde du 30 Avril 2001 (article1 article2 article3)

LES LÉSIONS DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE.
La Polyarthrite Rhumatoïde lèse avant tout les articulations et les tendons, mais elle comporte parfois des atteintes viscérales.
Ces lésions, d'origine inflammatoire, sont dûes à des anomalies immunologiques complexes qui font actuellement l'objet de travaux de recherches très actifs. Une articulation correspond à une jonction entre deux extrémités osseuses, recouvertes de cartilage. Elle est tapissée par une membrane appelée membrane synoviale.
Au cours de la Polyarthrite Rhumatoïde, apparaît une inflammation de cette membrane synoviale, on parle alors de "synovite", qui se traduit par un épaississement et une prolifération de cette membrane, constituant le pannus synovial. En l'absence de traitement, cette synovite risque de déterminer des altérations du cartilage, des ligaments et des os, qui sont à l'origine de déformations. Dès lors, on comprend l'intérêt de traiter le plus tôt possible cette lésion synoviale initiale, qui est réversible, afin d'éviter l'évolution vers d'autres altérations de l'articulation plus difficilement curables.



L'atteinte des tendons, que l'on appelle ténosynovite, est très fréquente. C'est une inflammation intéressant la gaine qui entoure les tendons et leur permet de coulisser. Ce sont surtout les tendons des poignets, des mains et des pieds qui sont touchés. L'inflammation chronique des tendons détermine dans certains cas des ruptures tendineuses spontanées qui peuvent être graves de conséquences. Pour éviter ces incidents, on est parfois amené à intervenir chirurgicalement pour enlever la gangue de tissu inflammatoire qui fragilise les tendons, afin de prévenir leur rupture.
Il existe parfois, associé à l'atteinte articulaire, d'autres signes dont les plus fréquents sont les nodules Rhumatoïdes (20% des cas environ) ; ce sont des tuméfactions généralement peu douloureuses ou indolores qui siègent au niveau du coude. Certaines manifestations extraarticulaires peuvent être observées au cours de la Polyarthrite Rhumatoïde : atteintes pulmonaires, pleurales, cardiaques, et notamment péricardiques, vasculaire à type d'inflammation des vaisseaux, ou neurologiques.
La Polyarthrite Rhumatoïde se trouve souvent associée à une affection qui peut exister aussi de façon isolée : c'est le syndrome de Gougerot-Sjögren (la fréquence de l'association est de 50% des cas). Il s'agit d'une atteinte des glandes salivaires et lacrymales entraînant une insuffisance de leur sécrétion. Elle se traduit par une sécheresse de la bouche et un appauvrissement des larmes ce qui, à long terme, à cause du mauvais nettoyage de l'oeil, crée un risque d'altération de la cornée pouvant aller jusqu'à l'ulcère. Ces manifestations sont d'installation progressive. Des examens complémentaires particuliers permettent de diagnostiquer le syndrome de Gougerot-Sjögren très précocement, alors que le malade ne ressent pas encore de trouble : exploration de la sécrétion des larmes par le test de Schirmer, biopsie des glandes salivaires accessoires de la lèvre inférieure.

LES SYMPTÔMES DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE
Il n'y a pas de cause déclenchante de la Polyarthrite Rhumatoïde scientifiquement démontrée. Cependant, il n'est pas rare de la voir commencer à la suite d'une agression physique ou surtout psychologique (contrariété grave, deuil, ..) ou dans les mois qui suivent un accouchement. Divers modes de début sont possibles. Le plus souvent, la Polyarthrite Rhumatoïde commence par les articulations des poignets, des mains, des avant-pieds et parfois du cou. Chez le sujet âgé, l'affection peut commencer par une atteinte des épaules et des hanches. En général, plusieurs articulations sont touchées simultanément. Il est rare que l'atteinte d'une seule articulation inaugure la maladie. L'inflammation articulaire détermine des douleurs, surtout nocturnes, ainsi qu'un enraidissement matinal qui s'estompe au cours de la journée. Les articulations sont enflées, parfois légèrement chaudes, leurs mouvements sont limités. A ce stade de la maladie, il n'y a aucune déformation. Parallèlement, il existe une fatigue générale importante et parfois un peu de fièvre. Certaines atteintes articulaires posent des problèmes particuliers : c'est le cas des mains, qui sont touchées dans près de 90% des cas.
Des mesures thérapeutiques énergiques doivent être prises le plus rapidement possible, pour éviter l'installation de déformations. Certaines articulations ne sont jamais touchées : c'est le cas de la colonne vertébrale dorsale et lombaire, des articulations sacro-iliaque (qui correspondent schématiquement à la région des fesses).
Chez l'enfant, la Polyarthrite Rhumatoïde peut affecter la croissance et comporte parfois des troubles oculaires, à type d'iridocyclites, qui rendent nécessaire une surveillance ophtalmologique très régulière (en pratique tous les 3 à 4 mois).

L'ÉVOLUTION
La Polyarthrite Rhumatoïde est un rhumatisme inflammatoire chronique. Aucun schéma d'évolution à long terme ne peut être donné. Cependant il faut savoir : qu'il n'y a pas d'aggravation obligatoire avec l'âge ; que les formes graves de Polyarthrite Rhumatoïde sont rares dans notre pays (moins de 20% des cas) ; que l'évolution de l'atteinte articulaire dépend de la maladie elle-même mais aussi, en grande partie, de la précocité de la prise en charge du malade et des modalités du traitement ; que les déformations articulaires et l'impotence fonctionnelle qu'elle entraîne sont très variables dans leur fréquence et leur intensité. Ainsi, contrairement à l'idée trop souvent émise, l'évolution vers un handicap irréversible peut souvent être évitée ; que les formes particulièrement sévères ayant entraîné de graves destructions articulaires peuvent bénéficier de la chirurgie réparatrice qui a beaucoup progressé depuis une dizaine d'années, améliorant considérablement le confort des malades. La Polyarthrite Rhumatoïde évolue souvent par poussées répétées de durée variable, parfois longues. Ces poussées peuvent être déclenchées par les mêmes facteurs que ceux qui ont parfois précédé l'installation de la maladie. Au cours de la grossesse, la Polyarthrite Rhumatoïde arrête d'évoluer dans presque tous les cas, dès la fin du premier trimestre et jusqu'à l'accouchement ; une poussée peut survenir dans les semaines qui suivent l'accouchement.

LE DIAGNOSTIC
Le diagnostic doit être aussi précoce que possible, afin de permettre une prise en charge immédiate du malade, ce qui augmente considérablement l'efficacité de la thérapeutique. Le diagnostic précoce n'est pas aisé, car les symptômes observés peuvent correspondre à d'autres maladies dont le traitement et le pronostic sont différents.
Pour élaborer le diagnostic, certains examens complémentaires sont nécessaires : examens du sang, radiographies. Dans le sang, on constate une augmentation de la vitesse de sédimentation globulaire qui n'est d'ailleurs pas liée à la gravité de la Polyarthrite Rhumatoïde. Il existe très souvent une anémie qui est souvent liée à l'inflammation chronique ; il s'y rajoute parfois une anémie d'origine hémorragique dûe à des lésions digestives secondaires à la prise de certains médicaments et notamment à l'aspirine et aux anti-inflammatoires. Dans certains cas le chiffre des plaquettes est augmenté : cela ne fait que traduire l'inflammation chronique. On recherche aussi la présence du "facteur Rhumatoïde". Ce facteur Rhumatoïde, qui a donné son nom à la maladie, est un anticorps particulier que l'on recherche dans le sérum par divers procédés techniques (réaction de Waaler-Rose, test au latex, technique de néphélométrie-laser). A la phase du début de la maladie, ce facteur Rhumatoïde est absent. Il n'apparaît que 6 mois à un an après l'installation des signes articulaires. Dans 20 à 30% des cas environ, ce facteur Rhumatoïde n'apparaît jamais. Lorsque le facteur Rhumatoïde est présent, il n'est pas nécessaire de vérifier son titre (concentration sanguine) très souvent. Le fait que son titre puisse varier dans le temps n'a aucune conséquence sur l'évolution de la maladie.
Au début de la maladie, il n'existe aucune anomalie visible à la radiographie des articulations. Les signes radiographiques n'apparaissent que lorsque l'inflammation de la synoviale a induit des lésions du cartilage articulaire. Ils sont donc tardifs.

PRISE EN CHARGE ET MODALITÉS DU TRAITEMENT
Le traitement de la Polyarthrite Rhumatoïde a pour but de freiner et si possible d'arrêter l'évolution de la maladie, de préserver la fonction articulaire et d'éviter l'installation de déformations. Le traitement vise également à maintenir l'insertion sociale et professionnelle du malade. Contrairement à l'opinion trop souvent répandue, il est possible de traiter avec efficacité une Polyarthrite Rhumatoïde, d'autant que le diagnostic est fait précocement. Les modalités de traitement de la Polyarthrite Rhumatoïde sont nombreuses. Certaines sont connues depuis longtemps et leur efficacité n'est plus à démontrer. D'autres, plus récentes, sont le fruit d'une recherche médicale très active dans le domaine de la compréhension du mécanisme des lésions et de l'étude de nouveaux médicaments. Cependant la prise en charge d'un malade atteint de Polyarthrite Rhumatoïde ne s'arrête pas à la seule prise de médicaments. Cette prise en charge doit être globale et adaptée au stade évolutif de la maladie. Pour cela, le malade doit être informé des thérapeutiques que l'on peut lui proposer, des modalités de leur surveillance, des possibilités de la réadaptation fonctionnelle et de l'appareillage, éventuellement des gestes chirurgicaux, et il doit bénéficier de conseils qui lui permettront de lutter efficacement contre la maladie qui le frappe. Il faut aborder avec lui et son entourage l'aspect social et professionnel de sa maladie. Cela nécessite des équipes soignantes spécialisées pluridisciplinaires réunissant dans le même département des médecins compétents en Immuno-Rhumatologie, en Réadaptation fonctionnelle, des chirurgiens orthopédistes, des psychiatres, des ergothérapeutes, des kinésithérapeutes, des infirmières, des podologues et des assistantes sociales. Une telle équipe, mobilisée autour du malade, lui assure une prise en charge satisfaisante, établit la stratégie du traitement et en surveille l'efficacité.

LES MEDICAMENTS
On distingue les traitements symptomatiques et les traitements dits "de fond".
Les traitements symptomatiques sont ceux qui calment les symptômes, autrement dit la douleur ; ils n'agissent pas sur l'évolution à long terme de la maladie.
De nouveaux traitements de fond viennent d'apparaître et sont porteurs d'espoir. (Clic içi)

LES TRAITEMENTS DE FOND
au contraire, interviennent sur les anomalies immunologiques qui créent les lésions de la Polyarthrite. Ils sont susceptibles d'en freiner ou d'en arrêter l'évolution. Ils n'agissent pas de façon rapide ; un recul d'au moins 3 mois est nécessaire pour juger de leur efficacité. Pour l'instant, rien ne permet de savoir si un malade répondra à tel ou tel traitement de fond ; plusieurs essais thérapeutiques sont parfois nécessaires. Connaître les traitements antérieurement prescrits est utile au médecin. Il est donc souhaitable de constituer un répertoire des prescriptions médicales et des traitements chirurgicaux, en précisant les dates et les résultats observés. Il suffit pour cela d'utiliser le carnet de soins établi par l'ANDAR. · Les traitements de fond, on les utilise en général le plus souvent, avec de bons résultats, l'un ou l'autre des types de médicaments que nous allons énumérer : sels d'or, antipaludéens de synthèse, dérivés sulfamidiens, produits thiolés (contenant du soufre), et des immunodépresseurs, dont le méthotrexate, de nouveaux traitements sont apparus récemment (voir site de l'andar des bouches du Rhone). Il nous faut signaler qu'aucun de ces traitements n'est anodin, et que tous peuvent comporter de graves effets secondaires. Ils nécessitent presque tous une surveillance médicale rigoureuse, voire des examens cliniques réguliers. ·

LES TRAITEMENTS SYMPTOMATIQUES
Ces traitements sont nécessaires puisque les traitements de fond, d'une manière générale, agissent lentement. Les antalgiques, qui calment la douleur sans agir sur l'inflammation, constituent un bon traitement d'appoint. Les anti-inflammatoires sont très nombreux. Ils sont utiles mais ils font courir le risque de la création d'un ulcère à l'estomac ou au duodénum et doivent donc être utilisés avec prudence. La cortisone est un anti-inflammatoire très puissant qui améliore considérablement le confort du malade. Cependant, la prise prolongée de ce produit peut entraîner un certain nombre d'incidents, notamment une décalcification et une mise au repos des glandes surrénales. Il nous faut évoquer ici certains problèmes posés par les infiltrations répétées de cortisone dans les articulations : ces infiltrations locales sont très efficaces et diminuent rapidement l'inflammation de l'articulation, mais quand on les répète en trop grand nombre la cortisone diffuse en dehors des jointures et passe dans le sang, et cause de graves effets secondaires. De manière générale les traitements à la cortisone nécessitent une très stricte surveillance médicale, voire même pour certains types de traitements, se font en milieu hospitalier.

LE TRAITEMENT LOCAL
Le traitement local, c'est à dire le traitement portant directement sur les articulations, est d'une grande importance. Les articulations enflées sont évacuées par ponction. Nous avons parlé plus haut des infiltrations locales de cortisone dans les articulations, et des inconvénients qu'elles peuvent entraîner. Si une ou plusieurs articulations restent tuméfiées, une ou plusieurs synoviorthèses seront vraisemblablement proposées. Ce traitement permet de détruire localement l'inflammation synoviale et par conséquent d'arrêter localement l'évolution de la maladie. Ce traitement consiste à injecter un produit chimique ou radioactif dans l'articulation malade. Les résultats sont excellents dans la mesure où les synoviorthèses sont effectuées précocement. En effet, faites trop tard, elles ne peuvent pas empêcher les lésions du cartilage. Ces synoviorthèses sont très souvent associées au traitement de fond de la Polyarthrite Rhumatoïde. Elles sont souvent effectuées sous contrôle radioscopique pour des raisons techniques, et nécessitent une immobilisation de l'articulation traitée, pendant 2 à 3 jours. En cas d'échec des synoviorthèses, notamment du genou, une synovectomie sous contrôle arthroscopique peut être envisagée. C'est une opération simple mais qui nécessite cependant une anesthésie générale ou une anesthésie péridurale. L'hospitalisation pour ce type de traitement est de l'ordre de 3 à 4 jours environ. Le traitement local comporte aussi la prévention des attitudes vicieuses que prennent spontanément les articulations douloureuses et dont il sera question plus loin.

LE TRAITEMENT
Il occupe une place importante dans le traitement de la Polyarthrite Rhumatoïde. C'est au cours de consultations médico-chirurgicales, associant des rhumatologues et des chirurgiens orthopédiques, que se discute la nature des interventions proposées au malade. Le traitement chirurgical peut être précoce, par exemple en cas d'inflammation tendineuse chronique : le geste chirurgical vise alors à éviter l'apparition d'une rupture tendineuse. La synovectomie du poignet peut aussi être effectuée précocement. La chirurgie intervient également dans les Polyarthrites anciennes,pour réparer certains dégâts articulaires graves. Quand la marche risque d'être compromise, il est possible de mettre en place une prothèse de la hanche ou du genou. La qualité de ce matériel prothétique s'est considérablement améliorée depuis quelques années. Cependant, chez les sujets jeunes, il y a un risque d'avoir à réintervenir à cause de l'usure ou du descellement de la prothèse. Néanmoins, l'arthroplastie de la hanche ou du genou a transformé la fonction articulaire des sujets atteints de Polyarthrite Rhumatoïde grave. Il est possible d'opérer les avant-pieds qui sont parfois très déformés. Cette intervention relativement simple permet au malade de se chausser normalement.
Il existe de nombreuses autres possibilités chirurgicales que nous ne pouvons citer. L'atteinte du cou, plus précisément de la partie haute de la colonne vertébrale (luxation Atlas-Axis) nécessite parfois un geste chirurgical, afin d'éviter d'éventuelles complications neurologiques liées à une compression de la moelle épinière cervicale.

CONSEILS
Le fait d'être atteint d'une Polyarthrite Rhumatoïde ne doit pas être synonyme de "handicap à vie". Certes la Polyarthrite Rhumatoïde, par sa chronicité, demande au malade un effort d'adaptation. Mais les personnes désormais réduites à vivre avec cette maladie doivent s'efforcer de mener une vie aussi normale que possible, en s'attachant à conserver les activités qui leur apportent détente et plaisir (voyages, sports, ..). Dans le combat quotidien contre la maladie, rien ne remplacera la volonté d'être plus fort qu'elle, et une ténacité de tous les instants. Il faut éviter de se replier sur soi-même, multiplier les occasions de sortir de chez soi pour aller à la rencontre des autres, aussi pénible que cela puisse être dans les moments de découragement. La Polyarthrite Rhumatoïde est douloureuse et d'évolution chronique. Il faut réagir contre le découragement que peut induire son évolution prolongée, avec les souffrances et les handicap que cela peut représenter. Il ne faut pas qu'un malade hésite à s'ouvrir de tous ces problèmes avec son équipe soignante quand il n'a plus le moral, afin de ne pas se laisser enfermer dans une dépression. Une équipe de bénévoles de l'ANDAR reste à l'écoute de ces possibles moments de découragement. Un soutien plus spécifique peut être apporté par des psychiatres ou des psychologues. Il ne faut pas que les personnes atteintes de Polyarthrite Rhumatoïde hésitent à faire appel à eux en cas de déprime ou dans les périodes où des difficultés de l'existence s'ajoutent à la maladie et les fragilisent. L'entourage aussi joue un rôle important, en particulier le conjoint d'une personne atteinte de Polyarthrite Rhumatoïde. Le conjoint aussi doit se renseigner sur la Polyarthrite Rhumatoïde, afin de connaître la maladie autant que son conjoint atteint, et ainsi de pouvoir mieux le comprendre et l'aider. Au-delà d'une assistance, c'est aussi et surtout un soutien moral et une reconnaissance de sa lutte qu'il doit apporter. Une personne touchée par la Polyarthrite Rhumatoïde doit autant qu'elle le peut essayer de conserver son activité professionnelle, qui est un atout important dans sa lutte contre la maladie, quitte à envisager un reclassement professionnel. Il faut absolument qu'elle conserve son autonomie, et elle ne doit pas se laisser rejeter de la société ( ou se sentir telle), sous prétexte qu'elle a un rhumatisme inflammatoire chronique. Il faut impérativement respecter le(s) traitements donnés par l'équipe soignante, dont tous les membres connaissent parfaitement la maladie et tous les traitements que l'on peut proposer pour y remédier, qu'ils soient déjà commercialisés ou encore au stade expérimental.
Se méfier des traitements présentés comme "miracles". Il n'y a pas de contre-indication à une grossesse, pour une femme jeune atteinte de Polyarthrite Rhumatoïde, d'autant que la maladie articulaire arrête son évolution pendant celle-ci, mais il y a un risque de poussée après l'accouchement. Il n'y a par contre rien de démontré sur l'influence du climat sur l'évolution de ce rhumatisme, comme on le pense souvent. Il n'y a aucun interdit.
L'activité sportive est possible et souhaitable dans la mesure où elle est tolérée par les articulations d'une personne touchée par la maladie. En cas de douleurs après l'exercice d'un sport, il faut en réduire la durée et l'intensité, ou le moduler en fonction des possibilités de cette personne. Des appareillages de repos peuvent être prescrits et réalisés sur mesure à une personne atteinte de Polyarthrite Rhumatoïde, dans le cadre de la prise en charge par les ergothérapeutes. Ces appareils sont à utiliser la nuit et lors du repos dans la journée. Ces appareils ont trois buts : ils calment l'inflammation, atténuent les douleurs et évitent l'installation des malformations. Il est possible d'appareiller les mains, les genoux, ou les chevilles. En cas de déformation particulière, un appareillage de correction se portant dans la journée peut être confectionné. Les semelles orthopédiques sont utiles car elles freinent l'évolution de l'atteinte du pied. Lorsqu'il y a des déformations des pieds non améliorables par des gestes chirurgicaux, un chaussage sur mesure peut être réalisé dans le cadre de consultations spécialisées. Il est actuellement possible dans ce domaine de concilier l'esthétique et le fonctionnel.

Photos de chaussures spécialement adaptées concues et fabriqueés par un podo-orthésiste:

          
                                  

CONSEILS POUR PRÉVENIR LES MALFORMATIONS
Le premier risque pour une articulation enflammée est l'insuffisance de son utilisation, ce qui peut entraîner une ankylose articulaire précoce et constitue le premier pas vers la déformation. Il faut que toute personne atteinte de Polyarthrite Rhumatoïde consacre chaque matin quelques minutes à un dérouillage articulaire. La raideur des articulations cède facilement à la chaleur. On peut donc prendre pour ce déverrouillage articulaire un bain très chaud qu'on met à profit pour bouger toutes ses articulations dans le maximum d'amplitude. Cet exercice permet de faciliter grandement le travail de la journée. En fait, on doit lutter toute la journée contre l'inflammation et l'enraidissement articulaire.
LUTTE CONTRE L'INFLAMATION:
Aucune activité n'est interdite pendant le travail sauf celles nécessitant une certaine force, mais il faut tout de même essayer de vivre le plus normalement possible, pour conserver souplesse et force musculaire, même relatives.
Il faut apprendre à doser ses activités, de manière à connaître et respecter ses limites. Il faut apprendre à reconnaître une réaction inflammatoire (elle varie beaucoup d'une personne à l'autre), et ainsi éviter de surmener une articulation enflammée, qui autrement risque de se détériorer.
Toute activité prolongée et répétitive est formellement déconseillée. Il faut considérer la douleur comme une sonnette d'alarme ; lors de son apparition, il faut arrêter l'activité en cours et prendre du repos. Il faut d'ailleurs penser à se ménager une ou deux heures de repos complet dans la journée.
Lutte contre l'enraidissement musculaire:
Généralement, les douleurs articulaires sont atténuées par certaines positions que les personnes atteintes de Polyarthrite Rhumatoïde ont évidemment tendance à adopter spontanément pour plus de confort. Ces positions sont en fait très nuisibles et risquent d'influencer défavorablement l'évolution de la poyarthrite, notamment :
L'attitude coudes collés au corps, qui risque d'induire un enraidissement des épaules en mauvaise position. Il faut au contraire se tenir les bras décollés du corps, bien écartés du buste.
Il faut utiliser ses doigts de manière à ce qu'en refermant la main sur un objet, les doigts ne se gênent pas mutuellement : il faut que le pouce s'enroule en dernier, par dessus les autres doigts, sans gêner la fermeture de l'index.
Pour les jambes, la station debout prolongée est déconseillée ; en position assise ou allongée, veiller à ce que le genou soit bien étendu, le pied reposant sur un tabouret. Jamais de coussin sous le genou. Lors de la marche, s'efforcer de plier et déplier soigneusement les articulations de la hanche, du genou, et des pieds.
Si cela a été prescrit, ne pas hésiter à se servir d'une canne, du côté opposé à l'articulation douloureuse. S'il y a une atteinte des hanches ou des genoux, il peut être utile de surélever les sièges, la cuve des toilettes, et d'abaisser le lit.
Il faut éviter d'enrouler et pencher le dos vers l'avant, ce qui pourrait entraîner des douleurs vertébrales dûes non à la Polyarthrite Rhumatoïde mais à une mauvaise attitude.
Si on laisse s'installer de mauvaises attitudes, cela entraînera une fonte musculaire qui aura pour conséquence plus d'enraidissement des articulations atteintes, qui aggravera les douleurs et la gêne, donc un cercle vicieux aggravant la maladie.
Il existe divers types d'aides techniques qui peuvent apporter un secours précieux aux personnes à qui l'atteinte des articulations (mains) cause des difficultés dans la vie courante : manque de force, ou manque de mobilité de l'articulation atteinte. Dans la premier cas on donne des aides telles que l'ouvre-robinet ou l'ouvre-cocotte-minute (il en existe beaucoup d'autres sortes, confectionnées à la demande, en fonction du handicap) : cette aide compense le manque de force et protège l'articulation atteinte. Dans le second cas, on ne donne d'aide technique que lorsqu'il y a une atteinte sérieuse par la Polyarthrite Rhumatoïde ayant entraîné des dégâts articulaires importants empêchant de manière définitive tel ou tel geste de la vie quotidienne.
Si ce type d'aide technique est prescrit trop prématurément, le malade s'habitue à ne plus utiliser l'articulation concernée et finit par en perdre la fonction. Il vaut mieux, par une rééducation bien conduite, essayer de récupérer une mobilité articulaire correcte plutôt que d'employer d'emblée une méthode qui en fait empêche de faire des progrès.
En cas d'atteinte articulaire grave, on peut envisager (après visite de l'équipe soignante au domicile de la personne, pour connaître ses conditions de vie) l'installation d'aides techniques adaptées à ce cas particulier et à la structure de l'appartement. De toute manière, il faut savoir que le recours au fauteuil roulant (redouté par les personnes atteintes) est exceptionnel de nos jours.
REEDUCATION:
Les ergothérapeutes et les kinésithérapeutes proposent aux personnes atteintes de Polyarthrite Rhumatoïde une rééducation individuelle adaptée à tous les stades d'évolution de la maladie. Grâce aux méthodes spécialisées de ces rééducateurs, ces personnes peuvent combattre activement les mauvaises attitudes et l'installation des raideurs articulaires, aussi bien lors des phases de poussée que lors des rémissions.
Cette rééducation est dosée suivant l'importance de l'inflammation et l'état des articulations ; elle permet de récupérer la mobilité que l'on a tendance à perdre lors des poussées. Cette rééducation n'est jamais forcée, et elle est essentiellement manuelle. Elle utilise des contractions isométriques pour conserver la musculature et des postures pour corriger les déformations.
Certains exercices nocifs sont toutefois à éviter car ils vont dans le sens des déformations ( pétrir ou serrer des objets dans la main). De même, il est préférable de ne pas utiliser de poids importants lors de ces exercices.
Il est possible (et souhaitable) de réaliser quotidiennement à domicile des exercices d'entretien à faire soi-même et qui permettent de passer en revue les zones de mobilité menacées.
Cette affection demande aux personnes qu'elle frappe un combat constant, dont l'issue dépend surtout d'elles : de leur courage et de leur volonté personnelle de vaincre la maladie. Le rôle de l'équipe soignante est de proposer des traitements efficaces et d'aider ces personnes sur tous les plans, dans un climat de compréhension réciproques.